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Côte-d’Or (21)

Le département de la Côte d’Or  (21) situé dans la région Bourgogne, compte 534 935 habitants en 2011.

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Situation géographique

de la Côte-d ‘Or :

La Région du Département :

 

 

Son Blason et Logo :

 

 

Le Département :

 

Liste des communes

de la Côte d’ Or :

Le département de la Côte-d’Or compte 705 communes repartis en population de la manière suivante ( ATTENTION POUR L’INSTANT UNIQUEMENT LES COMMUNES DE MINIMUM 1000 HABITANTS ):

(Pour suivre les variations de la population de la commune, cliquez sur le symbole a coté de la commune)

( Pour retrouver le site web de la commune et ses dernières nouvelles,cliquez sur le symbole « site web » a coté de la commune )

  • Ahuy : 1 316(2011) Habitants, code postal : 21121
  • Aiserey : 1 368(2011) Habitants, code postal : 21110
  • Arc-Sur-Tille : 2 520(2011) Habitants, code postal : 21560
  • Arnay-Le-Duc : 1 773(2011) Habitants, code postal : 21350
  • Asnières-Les-Dijon : 1 265(2011) Habitants, code postal : 21380
  • Auxonne : 7 884(2011) Habitants, code postal : 21130
  • Beaune : 22 935(2011) Habitants, code postal : 21200
  • Belleneuve : 1 442(2011) Habitants, code postal : 21310
  • Bligny-Les-Beaune : 1 231(2011) Habitants, code postal : 21200
  • Brazey-En-Plaine : 2 602(2011) Habitants, code postal : 21470
  • Châtillon-Sur-Seine : 6 172(2011) Habitants, code postal : 21400
  • Chenôve : 14 683(2011) Habitants, code postal : 21300
  • Chevigny-Saint-Sauveur : 9 959(2011) Habitants, code postal : 21800
  • Corpeau : 1 063(2011) Habitants, code postal : 21190
  • Couchey : 1 236(2011) Habitants, code postal : 21160
  • Couternon : 1 656(2011) Habitants, code postal : 21560
  • Daix : 1 432(2011) Habitants, code postal : 21121
  • Dijon : 155 460(2011) Habitants, code postal : 21000
  • Fleurey-Sur-Ouche : 1 226(2011) Habitants, code postal : 21410
  • Fontaine-Les-Dijon : 9 285(2011) Habitants, code postal : 21121
  • Genlis : 5 632(2011) Habitants, code postal : 21110
  • Gevrey-Chambertin : 3 124(2011) Habitants, code postal : 21220
  • Hauteville-Les-Dijon : 1 095(2011) Habitants, code postal : 21121
  • Is-Sur-Tille : 3 961(2011) Habitants, code postal : 21120
  • Ladoix-Serrigny : 1 774(2011) Habitants, code postal : 21550
  • Lamarche-Sur-Saone : 1 217(2011) Habitants, code postal : 21760
  • Longchamp : 1 268(2011) Habitants, code postal : 21110
  • Longecourt-En-Plaine : 1 292(2011) Habitants, code postal : 21110
  • Longvic : 9 565(2011) Habitants, code postal : 21600
  • Losne : 1 553(2011) Habitants, code postal : 21170
  • Marcilly-Sur-Tille : 1 557(2011) Habitants, code postal : 21110
  • Marsannay-La-Côte : 5 239(2011) Habitants, code postal : 21160
  • Messigny-Et-Vantoux : 1 513(2011) Habitants, code postal : 21380
  • Meursault : 1 617(2011) Habitants, code postal : 21190
  • Mirebeau-Sur-Bèze : 1 940(2011) Habitants, code postal : 21310
  • Montbard : 5 751(2011) Habitants, code postal : 21500
  • Neuilly-Lès-Dijon : 1 949(2011) Habitants, code postal : 21800
  • Noiron-Sous-Gevrey : 1 033(2011) Habitants, code postal : 21910
  • Nolay : 1 521(2011) Habitants, code postal : 21340
  • Nuits-Saint-Georges : 5 626(2011) Habitants, code postal : 21700
  • Ouges : 1 194(2011) Habitants, code postal : 21600
  • Perrigny-Les-Dijon : 1 490(2011) Habitants, code postal : 21160
  • Plombières-Lès-Dijon : 2 960(2011) Habitants, code postal : 21370
  • Pontailler-Sur-Saone : 1 300(2011) Habitants, code postal : 21270
  • Pouilly-en-Auxois : 1 653(2011) Habitants, code postal : 21320
  • Quetigny : 10 035(2011) Habitants, code postal : 21800
  • Rouvres-En-Plaine : 1 015(2011) Habitants, code postal : 21110
  • Ruffey-Lès-Echirey : 1 164(2011) Habitants, code postal : 21490
  • Saint-Apollinaire : 6 385(2011) Habitants, code postal : 21850
  • Sainte-Colombe-Sur-Seine : 920(2011) Habitants, code postal : 21400
  • Saint-Jean-De-Losne : 1 218(2011) Habitants, code postal : 21170
  • Saint-Julien : 1 441(2011) Habitants, code postal : 21490
  • Saint-Usage : 1 137(2011) Habitants, code postal : 21170
  • Saulieu : 2 711(2011) Habitants, code postal : 21210
  • Saulon-La-Chapelle : 1 083(2011) Habitants, code postal : 21910
  • Savigny-Les-Beaune : 1 412(2011) Habitants, code postal : 21420
  • Selongey : 2 391(2011) Habitants, code postal : 21260
  • Semur-En-Auxois : 4 615(2011) Habitants, code postal : 21140
  • Sennecey-Lès-Dijon : 2 292(2011) Habitants, code postal : 21800
  • Seurre : 2 474(2011) Habitants, code postal : 21250
  • Talant : 12 009(2011) Habitants, code postal : 21240
  • Tart-Le-Haut : 1 420(2011) Habitants, code postal : 21110
  • Thorey-En-Plaine : 1 006(2011) Habitants, code postal : 21110
  • Varois-Et-Chaignot : 2 020(2011) Habitants, code postal : 21490
  • Velars-Sur-Ouche : 1 735(2011) Habitants, code postal : 21370
  • Venarey-Les-Laumes : 3 122(2011) Habitants, code postal : 21150
  • Villers-Les-Pots : 1 037(2011) Habitants, code postal : 21130
  • Vitteaux : 1 134(2011) Habitants, code postal : 21350

L’Histoire de la Côte-d’Or :

Par sa position géographique, la richesse et l’étendue de son territoire, l’importance de ses villes, le département de la Côte-d’Or est celui dans lequel se caractérise le plus la physionomie historique de l’ancienne Bourgogne. Avant la conquête romaine et l’invasion des Burgondes, qui ont laissé leur nom à la province où ils s’installèrent, cette contrée, comprise dans la Gaule celtiques était habitée par les Lingons, tribu vaillante, fort ancienne, et qui se partageait avec les Séquanais et les Éduens toute la région orientale de la France actuelle.

La religion, les mœurs des Lingons étaient celles des autres peuples de la Gaule ; ils croyaient à l’unité de Dieu et à l’immortalité de l’âme ; ils avaient une espèce de royauté élective et responsable, dont le pouvoir civil, judiciaire et militaire, était, en beaucoup de cas subordonné à l’autorité religieuse du grand prêtre, chef des druides. L’esprit belliqueux et entreprenant de ces populations les avait souvent entraînées dans de lointaines expéditions. Longtemps ils furent conquérants avant d’être conquis à leur tour. 590 ans avant l’ère chrétienne, Sigovèse avait établi des colonies dans la Bohème et la Bavière, et Bellovèse avait fondé plusieurs villes dans le nord et l’est de l’Italie. Brennus avait pris Rome. Deux autres chefs gaulois, Léonoius et Lutarius, avaient pénétré jusqu’à Delphes, en Asie, et y avaient constitué la tétrarchie des Galates. Les Linons avaient figuré dans toutes ces entreprises, et on leur attribuait spécialement la fondation des villes d’Imola et de Budrio.

Lorsque l’invasion des Helvètes les menaces d `Arioviste, chef des Suèves, et la rivalité entre les Êduens et les Arvernes eurent amené sur les bords de la Saône les Romains déjà maîtres de la Gaule Narbonnaise, les Lingons furent un des premiers peuples auxquels ils offrirent leur amitié. Le respect qu’ils professèrent dans les premiers temps pour les coutumes et l’indépendance de leurs nouveaux alliés établit entre les deux nations l’union la plus cordiale et la plus sympathique. Des volontaires lingons se joignirent aux Éduens, qui voulurent accompagner César dans sa descente en Grande-Bretagne. Dans la guerre même de l’indépendance, guerre dont Vercingétorix fut le héros et la victime, les Lingons restèrent fidèles à la foi promise, malgré l’exemple que leur donnaient les Éduens, ces vieux alliés de Rome, qui se repentaient, mais trop tard, d’avoir été les premiers à accepter le patronage de tels voisins.

Les Lingons s’attachèrent plus étroitement à la fortune du conquérant des Gaules, qui sut avec tant d’habileté recruter ses légions parmi ceux qu’il venait de vaincre. Ils combattirent pour lui à Pharsale ; et si les trésors de la Gaule, si Vercingétorix enchaîné, figurèrent dans le cortège du triomphateur, on vit aussi plus d’un Gaulois quitter ses braies pour revêtir la toge du sénateur. C’est par les séductions de la paix que César voulait achever l’oeuvre de ses victoires. Les provinces gauloises furent administrées sous son règne avec la plus grande douceur. On n’enleva aux populations ni leurs terres ni leurs droits municipaux. Les grands furent dédommagés, par des titres et par des honneurs nouveaux, des dignités qu’ils avaient perdues. L’agriculture fut exercée dans les mêmes conditions qu’en Italie ; la navigation était libre sur le Rhône, la Saône, la Loire, même sur l’Océan.

Aussi les luttes du second triumvirat n’eurent-elles aucun retentissement dans la Gaule épuisée et assoupie. Auguste continua la politique de César. il fit plusieurs voyages et de longs séjours dans la Gaule, défendit ses frontières contre les Germains, y appela de nombreuses colonies, embellit les villes, en fonda de nouvelles, couvrit le pays de larges et magnifiques routes, imposa, enfin, sa domination avec tant d’habileté qu’à sa mort les vaincus avaient adopté les mœurs, les habillements, la religion et les lois des vainqueurs. La tyrannie, les exactions de Tibère et de Néron suscitèrent les révoltes promptement comprimées de Sacrovir et de Vindex. Le vieux sang gaulois était appauvri et vicié ; pour le rajeunir, il fallait d’autres éléments que l’influence d’une civilisation corruptrice et le contact des races abâtardies de la Rome des Césars.

Le seul épisode qui mérite d’arrêter les regards dans cette longue période de servitude et d’abjection est l’audacieuse tentative de Sabinus et le dévouement héroïque d’Éponine, son épouse. L’incendie du Capitole, qui avait marqué la mort de Vitellius, était représenté par quelques vieux druides comme un présage de ruine pour la puissance romaine. Les Lingons prirent les armes et choisirent pour chef Sabinus, leur compatriote, qu’on prétendait issu de Jules César. Ceux de Trèves se joignirent à eux ; mais les Séquanais et les Autunois, dont Sabinus avait autrefois pris d’assaut la capitale, marchèrent contre les révoltés et les défirent. Les Lingons se réconcilièrent avec Domitien en lui envoyant un secours de 70 000 hommes contre les barbares qui menaçaient les frontières romaines.

C’est vers cette époque, au moment même où l’oeuvre de dissolution semble accomplie, que commencent à apparaître les premiers symptômes de régénération. On fait remonter à la fin du ne siècle les premières prédications de l’Évangile en Bourgogne. La tradition la plus probable et la plus répandue donne à cette province pour premiers apôtres les disciples de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, qui, après avoir pénétré dans la Gaule par le Vivarais, et ayant trouvé l’Église de Lyon déjà florissante, grâce aux prédications de Pothin et d’Irénée, s’avancèrent jusqu’à Autun, et de là se partagèrent la gloire et les périls de la conversion du pays Autun eut pour martyr un des premiers néophytes, le jeune Symphorien. Andoche et Thyrse, ses maîtres dans la foi, périrent à Saulieu, et Bénigne, leur compagnon, à Dijon, vers 178, sous le règne de Marc Aurèle. Le sang des victimes fut une semence féconde de chrétiens, et lorsque, en 311, Constantin donna la paix à l’Église, chaque ville, après avoir eu son martyr, avait enfin son pasteur.

Pendant que ces germes de salut se développaient, pendant que cette force inconnue grandissait dans l’ombre, rien ne saurait donner une idée de l’horrible confusion au milieu de laquelle agonisait le vieil empire romain séditions des légions nommant chacune leur empereur, guerres civiles, déchirement des provinces, pestes, famines, exactions. Le vieux monde se précipitait dans le christianisme comme dans un, refuge ; mais ce monde était trop usé, trop fini, trop bien mort pour apporter à la foi nouvelle la force d’expansion nécessaire à la reconstitution d’une autre société ; c’est alors qu’arrivent les barbares.

Alains, Vandales, Suèves, Gépides franchissent le Rhin, descendent des Alpes, pénètrent jusqu’en Espagne, jusqu’en Afrique, sans que la Saône ou le Rhône les arrêtent, sans laisser d’autres traces de leur passage que des monceaux de ruines. Derrière eux s’avance lentement une lourde armée de géants ; c’étaient les Burgondes. Pline en fait la principale tribu des Vandales ; Procope et Zosime les disent également Germains d’origine et de nation vandale. Voici le tableau qu’en a tracé le savant et consciencieux historien de la Bourgogne, Courtépée :

« Ces peuples, nés au milieu des forêts, étaient ennemis de la contrainte ; la liberté faisait tout leur bonheur, la chasse leur occupation, les troupeaux et les esclaves leurs richesses. Sans patrie et sans demeure fixe, ils ne redoutaient que la servitude. Ils n’avaient aucun art agréable ; mais ils pratiquaient l’hospitalité et toutes les vertus des peuples sauvages. Ils n’avaient pour arme que la framée, espèce de lance ou de halle- barde, la fronde, l’épieu, la hache, qui servaient également pour attaquer, pour se défendre et pour bâtir leurs maisons. Ils marchaient toujours armés, usage qu’ils conservèrent après leur conquête.

« On dit qu’ils portaient la figure d’un chat sur leurs boucliers, emblème de la liberté qu’ils voulaient conserver partout. Ils avaient des chefs, mais ils n’avaient point de maîtres. Ces chefs, qui prenaient le titre de hendin, furent d’abord électifs. Leur autorité n’avait d’autre terme que celui du bonheur de la nation. Ils n’étaient pas seule ment comptables de leurs fautes personnelles, ils l’étaient aussi des caprices de la fortune ou des fléaux de la nature. On les déposait lorsqu’ils avaient perdu une bataille ou mal réussi dans leurs entreprises, ou dans un temps de stérilité. Leurs prêtres étaient traités bien plus favorablement. Le pontife, nommé sinist, était perpétuel ; son pouvoir surpassait celui du hendin, et s’étendait au droit de punir les coupables : le respect des peuples le mettait lui-même à l’abri de toute révolution. »

Tel était le peuple qui devait conquérir une partie si importante de la Gaule. Des bords de la Vistule et de l’Oder il arriva, vers 275, sur les bords du Rhin, fit plusieurs tentatives infructueuses pour le franchir, et s’établit sur la rive droite, où il demeura jusqu’en 407. C’est pendant les dernières années de ce séjour que la religion du Christ pénétra chez les Burgondes ; ils avaient entendu parler d’un Dieu puissant dont le culte s’était nouvellement établi dans les Gaules. Ils envoyèrent des députés aux évêques voisins pour se faire instruire ; et ceux-ci, ayant été baptisés, rapportèrent la foi à leurs compatriotes.

Quoiqu’on ignore la date précise de leur conversion, elle est généralement attribuée aux prédications de saint Sévère, évêque de Trèves en 401. Quelques années après, Stilicon, général des armées romaines, Vandale d’origine, devenu tuteur d’Honorius, fit alliance avec les Alains, les Suèves, les Vandales, et les appela dans les Gaules pour l’aider à placer sur le trône impérial son propre fils Euchérius. Les Burgondes franchirent alors le Rhin à la suite des autres barbares ; ils se rendirent maîtres, presque sans obstacle, des pays situées entre le haut Rhin, le Rhône et là Saône Impuissant à leur résister, le patrice Constance, général d’Honorius, fit avec eux un traité solennel, qui leur assurait à titre d’hôtes et de confédérés la possession de presque tout le territoire dont ils s’étaient emparés.

Ils élurent alors un roi ; leur choix tomba sur Gondicaire, le même sans doute qui était hendin lors du passage du Rhin en 407, et qu’on peut regarder comme le fondateur de la première monarchie bourguignonne. Trois nations différentes vivaient donc alors sur le même sol – les Gaulois, les Romains et ces nouveaux conquérants, les Burgondes. C’est de la fusion de ces éléments divers que se forma la race régénérée.

Gondicaire justifia par sa conduite habile le choix de ses compatriotes. Sa capitale et sa résidence fut d’abord Genève, qui était alors au centre de ses États ; plus tard, ayant soumis toute la province lyonnaise, il transféra à Vienne, en Dauphiné, le siège de la monarchie, se rendit maître d’Autun et de toute la Séquanaise, porta ses armes jusque dans la Belgique et le pays de Metz, et ne fut arrêté dans ses conquêtes que par le patrice Aétius, qui, justement alarmé des envahissements de ses anciens alliés, leur déclara la guerre et les défit dans une sanglante bataille, en 435.

Vainqueurs et vaincus se réunirent bientôt contre un ennemi qui les menaçait tous ; les Huns se montraient de nouveau sur le Rhin ; Gondicaire avait été tué avec vingt mille des siens en s’opposant à leur passage ; Gondioc, son fils et son successeur, associa ses efforts à ceux d’Aétius pour combattre Attila, et partagea la gloire de la fameuse journée des plaines catalauniques. Fidèle aux traditions paternelles, il utilisa habilement les années de paix qui suivirent celte rude secousse.

C’est de ce règne que date la répartition territoriale et cette législation bourguignonne si profondément enracinée dans les moeurs du pays que, dans plusieurs de ses parties, elle a continué à régir la province jusqu’à la Révolution. de 1789. Gondioc se rit nommer patrice par les Romains, et obtint du souverain pontife le titre de fils. Il réunit à sa couronne le pays des Lingons, celui des Éduens, le Nivernais, le reste de la Lyonnaise et une partie de la Narbonnaise, de sorte que son empire avait au midi la Méditerranée pour limite. Il mourut à Vienne vers 470, laissant quatre fils qui se partagèrent ses vastes États.

La Bourgogne et la Comté échurent à Gondebaud, patrice et maître de la milice dès 473, arbitre des destinées à de l’empire qu’il fit donner à Glycérius, et, en 476, souverain indépendant lors de la ruine de la puissance romaine sous Augustule. Le bien qu’on pouvait attendre de la position ainsi simplifiée fut considérablement atténué par les dissensions qui éclatèrent entre Gondebaud et ses frères. Celui-ci, après avoir triomphé de toutes les agressions, ensanglante ses victoires par des violences que la barbarie du temps peut expliquer, mais que ne saurait justifier l’histoire.

Les représailles, au reste, ne se firent pas attendre. Clotilde, seconde fille de Chilpéric, un des frères de Gondebaud, qui avait eu en partage Genève, la Savoie et une partie de la Provence, après avoir échappé au’ massacre de sa famille vaincue et dépossédée, était devenue la femme de Clovis, chef des Francs. Cette princesse poursuivit avec une persévérance infatigable l’œuvre de vengeance qu’elle semblait s’être imposée, usant de toute l’influence qu’elle exerçait sur son époux pour l’armer contre son oncle, suscitant les scrupules du clergé de Bourgogne contre l’arianisme qu’avait embrassé Gondebaud, éveillant toutes les convoitises, envenimant toutes les haines contre celui dont elle s’était promis la perte. Gondebaud déjoua toutes les intrigues, repoussa toutes les attaques et lassa pour un temps cette implacable hostilité.

L’histoire de son règne peut se diviser en deux parties : la période belliqueuse, toute remplie des luttes dont nous venons d’énoncer l’origine et les résultats ; la période pacifique, consacrée à l’organisation administrative et judiciaire du royaume de Bourgogne. C’est dans cette dernière surtout qu’il faut chercher les titres de Gondebaud aux souvenirs de l’histoire ; il compléta, dans un esprit remarquable de justice et d’humanité, l’oeuvre commencée par son père ; il réunit ses ordonnances modifiées et les édits nombreux qu’il rendit lui-même dans une espèce de code devenu célèbre sous le nom de Loi Gombette. Ce règne, pendant lequel l’agriculture fut puissamment encouragée, les ruines des villes relevées, d’innombrables établissements ecclésiastiques fondés, marque l’apogée de la monarchie de Gondicaire.

Gondebaud mourut à Genève en 516 ; il eut encore deux successeurs, Sigismond et Gondemar ; mais l’inaction de l’un et la faiblesse de l’autre rendirent la tâche facile à la vengeance inassouvie de Clotilde et à l’ardeur conquérante des Francs. En 534, Clotaire et Childebert rassemblèrent leurs forces et envahirent la Bourgogne ; une seule bataille leur livra le pays. Gondemar alla s’enfermer dans Autun, où il tenta de résister aux fils de Clotilde ; mais ce dernier effort fut si peu vigoureux, si peu retentissant, qu’en enregistrant sa défaite, l’histoire reste muette sur les destinées du vaincu. En lui, s’éteignit la race de Gondicaire ; avec lui finit le royaume de Bourgogne, qui avait duré 120 ans.

Les princes francs se partagèrent les dépouilles de Gondemari Théodebert, roi de Metz, eut Besançon, Langres, Châlon, Genève et Viviers et Childebert, roi de Paris, et Clotaire, roi de Soissons, eurent le reste jusqu’au moment où ce dernier réunit sous son sceptre les États de ses frères. Un nouveau partage, qui eut lieu à sa mort en 562, constitua un second royaume de Bourgogne au bénéfice de son second fils, Gontran, possesseur en outre d’Orléans et du territoire de Sens.

Rien de plus lugubre à la fois et de plus confus que les annales de cette dynastie mérovingienne des rois de Bourgogne. La seule figure de Gontran repose le regard épouvanté de toutes les horreurs qui signalent la longue et sanglante rivalité de Frédégonde et de Brunehaut. Le peuple l’aimait, disent les chroniques du temps ; quand il approchait d’une ville, les habitants allaient au-devant de lui avec des bannières en criant : Noël ! Après sa mort,’ il fut mis au nombre des saints ; et, cependant, on rapporte que la dernière de ses trois femmes, la belle Austrégide, lui ayant demandé comme grâce en mourant de faire périr ses deux médecins, parce qu’ils n’avaient pas eu l’habileté de la guérir, il eut la faiblesse d’accomplir ce vœu barbare ; ajoutons que c’est le premier prince qui se soit fait entourer de gardes.

Childebert, sans changer son titre de roi d’Austrasie, hérita de la plus grande partie de la haute Bourgogne, qu’il conserva seulement trois ans et quelques mois. Thierry, son second fils, est le deuxième prince mérovingien qui soit désigné sous le nom de roi de Bourgogne et d’Orléans ; il se laisse diriger par Brunehaut, son aïeule ; l’histoire de son règne n’est qu’un tissu de trahisons, de massacres et d’atrocités de tout genre. Il meurt subitement à Metz d’un flux de sang, à l’âge de vingt-six ans, après en avoir régné dix-huit, et précédant. de quelques mois seulement dans le tombeau sa terrible aïeule, dont fait justice à son tour Clotaire II, fils de Frédégonde.

La première apparition des maires du palais à la cour de Bourgogne se rattache au règne de Thierry ; et ce sont les intrigues de Varnachaire II, revêtu de cette dignité, qui livrent Brunehaut à Clotaire et facilitent à ce prince, par la défaite des fils de Thierry, la réunion de la Bourgogne à la France. Les deux royaumes sont régis par le même sceptre et suivent les mêmes destinées jusqu’à la fin du IXe siècle, époque de la constitution des grands établissements féodaux sous les successeurs de Charlemagne.

Charles le Chauve avait trouvé dans la fidélité de la noblesse bourguignonne un précieux appui contre les attaques de Louis le Germanique ; mais toutes les leçons de l’expérience étaient perdues pour ce prince incapable. Son fils, Louis le Bègue, ne comprit pas davantage la nécessité. de réunir en faisceau les forces éparses de la monarchie défaillante. Sous son règne, la confusion et l’anarchie augmentèrent encore, le morcellement du territoire ne rencontra plus d’obstacle. Trois nouveaux royaumes furent formés avec les débris de l’ancien royaume de Bourgogne : celui de Provence ou de Bourgogne cisjurane, par Boson, élu roi au concile de Mantaille, en 879 ; celui de Bourgogne transjurane, par Rodolphe, couronné à Saint-Maurice, en Valais, en 888 ; et celui d’Arles, composé des deux premiers, en 930. Quant à la Bourgogne proprement dite, elle resta sous le gouvernement des ducs héréditaires, dont nous avons ici principalement à nous occuper.

L’origine des premiers ducs de Bourgogne était illustre, et ce qui vaut mieux encore, nous retrouvons là, comme à la souche de presque toutes les grandes dynasties féodales, un de ces hommes auxquels il n’a manqué qu’un autre théâtre pour que l’histoire les mette au rang de ses héros. Richard le Justicier, comte d’Autun, était fils de Beuves, comte d’Ardenne, frère de Boson, roi de Provence, et sa soeur Richilde avait épousé Charles le Chauve en 870.

Sans vouloir nier ce que ces hautes alliances durent ajouter à son crédit, on peut dire qu’il fut surtout le fils de ses œuvres. Sincèrement et loyalement dévoué au roi son bienfaiteur, il le défendit contre les entreprises de sa propre famille. Il battit, en 880, les troupes de son frère Boson près de la Saône, mit garnison dans Mâcon au nom des rois Louis et Carloman, et donna le gouvernement de cette ville à Bernard, dit Plantevelue, tige des comtes héréditaires de Mâcon. Après s’être emparé de Lyon, il assiégea Vienne, dont il chassa Boson, et emmena prisonnière à Autun sa femme Hermangarde avec ses enfants, en 882. Il secourut Charles le Simple contre Eudes, comte de Paris, défit une première fois, en 888, dans les plaines de Saint-Florentin, les Normands, qui avaient pénétré dans la Bourgogne et dévasté Bèze ; remporta de nouvelles victoires sur eux, avec l’aide des, Auxerrois conduits par leur évêque Géran, gagna, contre le fameux chef Rollon, une bataille décisive auprès de Chartres, et fit lever le siège de cette ville en 911.

Étant à l’agonie, et les évêques l’exhortant à demander pardon à Dieu d’avoir versé tant de sang humain : Quand j’ai fait mourir un brigand, répondit-il, j’ai sauvé la vie aux honnêtes gens, la mort d’un seul ayant empêché ses complices de faire plus de mal. Il mourut à Auxerre en 921, laissant de sa femme Adélaïde soeur de Rodolphe Ier roi de la Bourgogne transjurane, trois fils : Raoul, son successeur, qui devint ensuite roi de France, Hugues le Noir et Boson.

Les ducs bénéficiaires de Bourgogne furent au nombre de sept, et régnèrent, de 880 à 1032, dans, l’ordre suivant : après Richard, Raoul le Noble, qui fut roi pendant la captivité de Charles le Simple à Péronne ; il eut pour successeur son beau-frère, Gilbert de Vergy, qui maria sa fille aînée à Othon, fils de Hugues le Grand ; Hugues le Noir, second fils de Richard, occupa pendant quelque temps le duché à la mort de Gilbert, plutôt comme usurpateur que comme héritier ; il en fut dépossédé par Louis d’Outre-mer au profit de Hugues le Blanc ou le Grand, cinquième duc.

On connaît la haute fortune de cette maison : pendant que Hugues Capet mettait la couronne de France sur sa tête, ses deux frères, Othon et Henri, possédaient successivement le duché de Bourgogne. La mort du septième et dernier duc Henri fut le signal de violentes contestations, de luttes sanglantes et d’une nouvelle répartition territoriale. Il avait laissé un fils adoptif, Othe-Guillaume, qui, soutenu par une partie des populations et les sympathies de la noblesse, prétendait à la succession de Henri ; le roi Robert, neveu paternel du duc, revendiquait de son côté l’héritage comme étant son plus proche parent ; la guerre éclata ; enfin, après treize ans d’une lutte indécise et ruineuse, l’intervention de l’évêque d’Auxerre amena un arrangement en vertu duquel le duché de Bourgogne était restitué à Robert, tandis que Othe conservait viagèrement le comté de Dijon.

Par une singulière coïncidence, à peu près à la même époque où le duché bénéficiaire prenait fin par sa réunion au domaine de la couronne, le second royaume de Bourgogne s’éteignait, après cent cinquante ans de durée, dans la personne d’Eudes, comte de Troyes, tué dans sa lutte contre Conrad II. Des débris de ce royaume furent formés les comtés de Provence, de Savoie, de Viennois, de Bourgogne ou Franche-Comté ; le reste fut réuni par Conrad à l’Empire. Ce comté de Bourgogne fut donné aux descendants de Othe en échange du comté de Dijon, et Lambert, évêque de Langres, ayant remis au roi Robert tous les droits qu’il possédait sur cette ville, ce prince en fit, au préjudice d’Autun, la capitale du duché qu’il donna à son fils Henri.

Le règne de Robert forme donc une des époques les plus importantes de l’histoire de Bourgogne : démembrement et fin du second royaume de Bourgogne ; formation d’un comté et transformation du duché bénéficiaire fondé par Richard le Justicier en un duché héréditaire qui va devenir l’apanage des princes du sang royal. Tels sont les faits essentiels qui se rapportent à cette date.

Henri Ier, fils aîné de Robert, nommé duc de Bourgogne en 1015, et devenu roi de France en 1031, céda son duché à son frère Robert, tige d’une dynastie de douze ducs, qui possédèrent la province de 1032 à 1361. Les termes de la charte d’octroi portent que le duché est donné pour en jouir en pleine propriété et passer à ses héritiers. Robert Ier, premier duc de la première race royale, usa assez tyranniquement de sa souveraineté ; son règne fut tout rempli de violents démêlés avec les Auxerrois ; il mourut à FIeurey-sur-Ouche, en 1075, après un règne de quarante-trois. ans, d’un accident tragique et honteux que l’histoire n’explique pas.

Son petit-fils, Hugues Ier, s’appliqua, par la sagesse et la douceur de son administration, à faire oublier les violences de son aïeul ; il prêta volontairement serment de maintenir les droits et privilèges de la province, et commit à six barons l’autorité de réprimer, même par les armes, les empiétements de ses successeurs. Après avoir remis son duché à Eudes Ier, son frère, il se retira, en 1078, à Cluny, sous la discipline de saint Hugues, son grand-oncle. Le plus éloquent éloge des vertus de ce prince est dans les phrases suivantes d’une lettre que le pape Grégoire VII écrivait à l’abbé de Cluny, pour lui reprocher d’avoir encouragé la résolution de Hugues : « Vous avez enlevé le duc à la Bourgogne, et par là vous ôtez à cent mille chrétiens leur unique protecteur. Si vous ne vouliez pas exécuter mes ordres qui vous le défendaient, au moins eussiez-vous dû être sensible et céder aux gémissements des pauvres, aux larmes des veuves et aux cris des orphelins. »

Les ravages d’une peste horrible, qu’on appela le feu sacré, et la fondation de l’ordre des chartreux par saint Bruno sont les événements les plus importants qui se rattachent à ce règne. Eudes se croisa et alla mourir à Tarse, en Cilicie, en 1102. Hugues II, son fils, mérita le surnom de Pacifique. Il fut l’ami de saint Bernard et s’occupa beaucoup de pieuses fondations.

L’aîné de ses fils et son successeur, Eudes II, hérita de ses vertus. Quoiqu’il se soit décidé deux fois à faire la guerre, d’abord pour consacrer ses droits de suzeraineté sur Saint-Germain d’Auxerre, Saint-Florentin et le comté de Troyes, que lui contestait Thibaut, son beau-père, et ensuite pour aller délivrer des Sarrasins son cousin Alphonse de Portugal, il prouva qu’il estimait les bienfaits de la paix à. leur juste valeur en refusant de céder au grand entraÎnement qui poussait vers la terre sainte les rois, princes et seigneurs de son temps. Il préféra le bonheur de ses sujets à une gloire incertaine, s’appliqua à faire régner l’union et la prospérité autour de lui, et paya sa dette à la religion en fondant de nouveaux monastères, en dotant ceux qui existaient déjà, en achevant les constructions commencées, et notamment la cathédrale d’Autun.

Hugues III, son fils, dont le règne commença en 1168, sut moins bien résister à la contagion des exemples ; il guerroya contre les grands vassaux ses voisins, prit la croix en 1178. Rejeté en France par une violente tempête, il revint bâtir la Sainte-Chapelle de Dijon, en accomplissement d’un vœu qu’il avait fait au moment du danger. En 1190, il repartit avec Philippe-Auguste et assista à la prise de Saint-Jean-d’Acre, puis mourut à Tyr en 1192. Avant de quitter la Bourgogne, il avait constitué la commune de Dijon.

Hugues Ill semble revivre dans son fils Eudes III. Aventures lointaines, exploits guerriers, affranchissement des communes caractérisent ce règne comme le précédent. La participation à l’expédition qui plaça Baudouin sur le trône de Constantinople, la croisade contre les Albigeois avec Simon de Montfort, la glorieuse journée de Bouvines en sont les dates les plus éclatantes. Le règne de Hugues IV fut heureusement préparé par l’habile régence de sa mère, Alix de Vergy. Dès qu’il fut majeur, le prince confirma la commune de Dijon ; figura comme un des douze pairs au sacre de Louis IX, ajouta à ses domaines le comté d’Auxonne et fit reconnaître sa suzeraineté sur celui de Mâcon.

Hugues fut un des plus fidèles compagnons de saint Louis ; il partagea ses périls et sa captivité dans la première croisade. Le roi, de son côté, visita plusieurs fois la Bourgogne ; il y laissa de profonds souvenirs de sa sainteté et de sa justice. Hugues, après avoir refusé au pape Innocent IV fugitif un asile dans ses États, eut la faiblesse d’y accueillir, en qualité de. grand inquisiteur, un cordelier, Robert, fanatique et apostat, qui traînait avec lui une femme perdue ; ce ne fut qu’après de nombreuses exécutions et beaucoup de sang répandu que les impostures de ce misérable furent dévoilées. Cet épisode est une tache regrettable dans l’histoire de Hugues IV.

Robert II, troisième fils de Hugues, ne dut la tranquille possession du duché qu’à Philippe le Hardi, qui l’en déclara seul et légitime héritier, contre les prétentions de ses beaux-frères. Jamais liens plus étroits ne rattachèrent la maison de Bourgogne à celle de France. Robert avait épousé Agnès, fille de saint Louis, et il eut pour gendre Philippe de Valois, marié à Jeanne, sa fille, en 1315. L’intimité de ces alliances donnèrent à Robert une grande influence dans la direction des affaires de l’État. Après le mas sacre de s Vêpres siciliennes, il fat chargé d’aller secourir Charles de Naples. Philippe le Bel le nomma grand chambrier de France, gouverneur du Lyonnais, gardien du comté de Bourgogne, et, mission plus délicate, son principal intermédiaire dans ses démêlés avec Boniface VIII.

Quoique chargé de si graves intérêts, Robert ne négligea pas ceux de son duché ; un remaniement des monnaies et d’importants accroissements de territoire classent son règne parmi les plus glorieux de sa dynastie. Il eut neuf enfants, dont plusieurs moururent avant lui ; Hugues V, l’aîné des survivants, eut pour régente, pendant sa minorité, sa mère, Agnès. A peine majeur, il mourut, ne laissant de son règne si court que le souvenir de sa brillante réception comme chevalier, et comme date sanglante, la condamnation des templiers.

Eudes IV, son frère, prit aussitôt possession du duché. Agnès obtint qu’il transigeât avec les prétentions de Louis, son dernier frère, en lui abandonnant le château de Douesme avec une rente de 4 000 livres. A la mort de Louis le Hutin, Eudes, à défaut d’héritier mâle, voulut faire valoir les droits de Jeanne, sa nièce, fille du roi défunt. L’application de la loi salique, réclamée par Philippe le Long, régent du royaume, rendait vaines ses réclamations ; pour le dédommager, Philippe lui donna en mariage, avec 100 000 livres de dot, sa fille aînée, héritière par sa mère des comtés de Bourgogne et d’Artois. L’accord se rétablit, et la confiance royale valut dans la suite à Eudes une influence qu’il justifia par sa sagesse et sa capacité. Il mourut dans cette désastreuse année de laquelle un versificateur du temps a dit :

 

En trois cent quarante-neuf,
De cent ne demeuroient que neuf.

Son fils aîné était mort trois ans auparavant d’une chute de cheval au siège d’Aiguillon, laissant pour héritier unique son fils, Philippe de Rouvres, âgé de cinq ans. La tutelle fut confiée d’abord à Jeanne de Boulogne, mère du jeune duc, et ensuite au roi Jean, qui épousa la noble veuve. Jean vint à Dijon, en 1350, et il jura publiquement, dans l’église de Saint-Bénigne, de conserver et maintenir les franchises, immunités et privilèges de la province.

Cette période est tout entière remplie par les calamités entraînaient pour la France les envahissements des Anglais ; la Bourgogne n’était pas plus épargnée Châtillon avait été brûlé, Tonnerre pillé, Flavigny était devenu la place d’armes de l’ennemi ; tout le pays étant ou envahi ou menacé, les trois ordres -des deux Bourgognes s’assemblèrent à Beaune, et on vota 200 000 moutons d’or, c’est-à-dire plus de 2 000 000 de livres, somme énorme pour le temps, comme rançon de la province. Ce fut au milieu de ces calamités que Philippe, ayant atteint l’âge fixé pour sa majorité (quinze ans), prit, en 1360, le gouvernement du duché. A peine venait-il de contracter avec Marguerite de Flandre l’union arrêtée depuis longtemps et de ramener son épouse dans son château de Rouvres, près de Dijon, qu’un accident, une chute, mit fin à ses jours, en 1361. Beaucoup d’espérances reposaient sur cette jeune tête ; son coeur semblait animé des plus nobles sentiments : « Il vécut peu, a dit un historien du temps, et fut longtemps regretté ».

Il fut le douzième et dernier duc de-la première race royale, qui avait régné trois cent vingt-neuf ans. Dès que le roi Jean apprit sa mort, il prit possession de ses États, non comme roi de France, mais comme plus proche parent du duc : Ratione proximitatis, non coronae nostrae, hommage éclatant rendu à l’indépendance de la Bourgogne comme État. Après le traité de Brétigny, il se rendit à Dijon, et là, solennellement et officiellement, il unit et incorpora, le duché à la couronne.

Cette annexion, but d’une ambition à courte vue, ne devait point encore être définitive, la pensée de constituer l’unité française était alors encore loin des meilleurs esprits ; le roi Jean, qui avait une prédilection marquée pour Philippe, son quatrième fils, lequel d’ailleurs l’avait vaillamment défendu à la bataille de Poitiers en 1356, et avait partagé sa captivité en Angleterre, lui donna le duché de Bourgogne à titre d’apanage, réversible à la couronne faute d’hoirs mâles, l’institua premier pair de France, dignité dont s’étaient prévalus dans plusieurs occasions les ducs d’Aquitaine et de Normandie.

Philippe, surnommé le Hardi, inaugura donc, en 1363, la seconde dynastie royale des ducs de Bourgogne. Après avoir, selon l’usage, prêté serment de respecter les privilèges provinciaux, il prit possession de ses vastes domaines. Les temps étaient critiques, mais l’occasion de se poser en libérateur n’en était que plus favorable pour quiconque parviendrait à calmer l’orage et à éloigner le péril. Philippe, aidé de Du Guesclin, débuta par purger le pays des bandes indisciplinées de routiers, écorcheurs et malandrins, qui le dévastaient ; il dompta ensuite la terrible Jacquerie, et, déjà renommé par ses exploits militaires, il consolida et agrandit sa puissance par son mariage avec Marguerite de Flandre.

Cette alliance ajoutait à ses États les comtés de Bourgogne, d’Artois, de Flandre, de Rethel, de Nevers, et en faisait un des souverains les plus redoutables de l’Europe. Le roi de France eut recours à lui contre les attaques des Anglais et du roi de Navarre, Charles le Mauvais. Philippe sut arrêter et contenir l’ennemi ; il triompha de, la patriotique révolte des Gantois, commandés par l’héroïque Artevelde. Il reçut, à Dijon, le roi Charles VI avec une magnificence qui devint traditionnelle à la cour de Bourgogne. Il acquit le Charolais, en 1390, au prix de soixante mille écus d’or. Il envoya son fils aîné, Jean, comte de Nevers, avec une armée au secours de Sigismond, roi de Hongrie, menacé par les musulmans. Pendant la maladie de Charles VI, il avait été choisi par les états généraux, en 1392, pour gouverner le royaume Cette préférence, en excitant la jalousie de la maison d’Orléans, devint la source d’une haine irréconciliable qu’en mourant il légua, héritage funeste, à son fils Jean sans Peur. Ce prince succéda à son père en 1406 ; il avait épousé, en 1385, Marguerite de Bavière, dont la dot grossissait ses États de trois comtés : le Hainaut, la Hollande et la Zélande. Ses premiers actes furent ceux d’un prince habile, mais peu scrupuleux.

Après avoir remis un pou d’ordre dans les finances, compromises par les prodigalités de son père, il donna satisfaction à la haine qui couvait dans son cœur. Le 23 novembre 1407, Louis d’Orléans, en sortant de l’hôtel Barbette, à Paris, où il avait soupé avec la reine Isabeau de Bavière, tombait, rue Vieille-du-Temple, sous les coups d’un gentilhomme normand, Raoul d’Octonville, écuyer du duc Jean.

La justice étant impuissante en face d’un si grand criminel, la guerre éclata entre Armagnac et Bourgogne ; le fils du duc d’Orléans avait épousé la fille du comte d’Armagnac, et celui-ci se posa en vengeur du duc d’Orléans La durée de cette triste guerre ne fut interrompue que par les périls extrêmes de la France et la désastreuse campagne qui aboutit à la journée d’Azincourt.

Ce jour-là les deux familles rivales combattirent encore sous le même drapeau ; mais la haine étouffa bientôt ce qui restait de patriotisme et de loyauté. Jean, par un traité secret signé en 1416, s’allia aux Anglais, et l’abandon de Rouen fut le gage de sa trahison. Une sédition payée (celle de Périnet-Leclerc, 1418) et un massacre lui ouvrirent même les portes de Paris, où il entra en triomphateur, salué par les acclamations du peuple égaré, qui criait sur son passage : Noël ! vive le duc de Bourgogne, qui abolit les impôts !

Mais ce triomphe fut de courte durée ; le crime appelait la vengeance ; elle fut digne du coupable, digne des mœurs du temps. Un projet de paix et de réconciliation générale fut proposé, une entrevue avec le dauphin fut convenue, et le rendez-vous fixé, pour le 10 septembre 1419, sur le pont de Montereau. L’entourage intime de Jean avait été gagné ; il partit donc sans défiance ; mais quand il se fut avancé sur le pont, escorté de dix chevaliers seulement, les complices du duc d’Orléans, Tanneguy du Châtel et le sire de Barbazan à leur tête, se précipitèrent sur les Bourguignons et percèrent Jean de leurs coups. Les assassins voulaient jeter son corps dans la Seine, mais le curé de Montereau obtint qu’il lui fût remis ; il le garda jusqu’à minuit, le fit alors porter dans un moulin voisin et le lendemain à l’hôpital, où on l’ensevelit dans la bière des pauvres.

La mort de Jean sans Peur mit Philippe, dit le Bon, en possession de ses États à l’âge de vingt-trois an§. Il était à Gand lorsqu’il apprit la fin tragique de son père. Brûlant du désir de le venger, il convoqua à Arras une assemblée de grands seigneurs,. à laquelle il invita le roi d’Angleterre, qui était à Rouen. C’est là que fut préparé, pour être conclu à Troyes en 1420, le monstrueux traité qui, de complicité avec Isabeau, épouse et mère dénaturée, déshéritait, au profit de l’étranger, le dauphin Charles VII, du vivant de son père en démence.

Les événements de cette période sont trop connus et d’un intérêt trop général pour que nous entrions ici dans leur récit détaillé. Philippe, qui par la fin de son règne racheta les fautes du commencement, fut alors le complice de tout ce qui se trama et s’exécuta contre la France. Son excuse est dans le souvenir encore récent du meurtre de son père ; mais on ne petit même pas lui faire un mérite de son repentir, car son retour à la. cause française fut déterminé surtout par les outrages dont les Anglais l’abreuvèrent dès qu’ils crurent ne plu s avoir besoin de lui.

C’est en 1434, et par l’intervention de Charles, duc de Bourbon, que furent posés les préliminaires d’une réconciliation trop tardive et cimentée définitivement par le traité d’Arras, le 21 septembre de l’année suivante. L’insolence des termes prouve à quel point la royauté de France était humble et faible devant ce vassal que dédaignaient les Anglais. Charles désavoue le meurtre de Jean, et Philippe, après l’énoncé des dédommagements qui lui sont accordés, s’exprime ainsi : A ces conditions, pour révérence de Dieu et pour la compassion du pauvre peuple, duc par la grâce de Dieu, je reconnais le roi Charles de France pour mon souverain. Hâtons-nous d’ajouter que jamais parole donnée ne fut mieux tenue, et qu’à dater de cette époque la conduite de Philippe fut aussi irréprochable qu’elle avait été jusque-là criminelle.

La prospérité de ses peuples, le développement des bienfaits de la paix devint son unique préoccupation. L’union des deux maisons de France et de Bourgogne fut resserrée par le mariage du comte de Charolais, héritier de Philippe, avec Catherine de France, fille de Charles VII. Lorsque Louis XI, dauphin, quitta la cour de son père, Philippe lui refusa un asile en Bourgogne, où ses intrigues pouvaient être un danger pour la couronne et lui offrit à Geneppe, dans ses terres de Flandre, une hospitalité digne de son rang. Lors de la sédition qu’occasionna, parmi les chefs de l’armée, la désorganisation de l’ancien système militaire, il intervint entre les rois et les rebelles, et obtint d’eux qu’ils renonçassent à leurs projets de guerre civile.

Quoique l’insubordination de ses sujets flamands le tînt le plus souvent éloigné de la Bourgogne, il y entretint toujours une administration éclairée et paternelle. Son règne fut l’apogée des prospérités de la province. « Il mit ses pays, dit Saint-Julien de Baleure, en si haute paix et heureuse tranquillité qu’il n’y avoit si petite maison bourgeoise en ses villes où on ne bût en vaisselle d’argent ». Ce témoignage naïf est un plus éclatant hommage à sa mémoire que toutes les splendeurs de sa cour et les magnificences de l’ordre de la Toison d’or, dont on sait qu’il fut le fondateur. Il mourut à Bruges d’une esquinancie, en 1467, à l’âge de soixante et onze ans ; son corps fut transporté plus tard aux Chartreux de Dijon. Peu de princes furent aussi profondément et aussi justement regrettés.

Charles le Téméraire, quoique son règne n’ait commencé qu’en 1467, suivait depuis plusieurs années une ligne de conduite indépendante et souvent même opposée aux intentions pacifiques de son père. Sa participation à la ligue du Bien public, ses violents démêlés avec Louis XI étaient certainement peu dans les vues de Philippe, déjà vieux et ami de la paix.

Aux qualités héréditaires de sa race, courage, franchise, générosité, Charles joignait des défauts qui lui étaient personnels et qui rendaient bien périlleuse la lutte engagée avec Louis, le plus habile politique de son temps. Charles était arrogant, présomptueux, plein de fougue et d’obstination, incapable de pressentir les pièges qui lui étaient tendus, plus incapable encore de tourner une difficulté ou de recourir à l’adresse pour sortir d’un mauvais pas. Il épuisa toute son énergie, toutes les ressources de sa puissance à lutter contre les embarras que lui suscitait le roi de France sans paraître soupçonner de quelle main parlaient les coups qui lui étaient portés.

Les révoltes de Gand et de Liège, victorieusement, mais trop cruellement réprimées, lui aliénaient les populations et ne lui laissaient pas la libre disposition de ses forces. Il eut en son pouvoir, à Péronne, son rival, convaincu de complicité avec les Liégeois rebelles, et au bout de trois jours il lui rendit sa liberté, se contentant d’une promesse de neutralité qu’il fut le seul à prendre au sérieux. Il s’empara des comtés de Ferrette et de Brisgau, sans se soucier de la rupture avec la Suisse, qui en était la conséquence inévitable ; l’hostilité de ce voisinage l’entraîna dans une guerre dont il n’entrevit pas un seul instant la portée. Battu à Granson, il lui fallut à tout prix une revanche, et la journée de Morat changea en désastre ce qui pouvait n’être qu’un échec. L’importance qu’il avait toujours donnée aux prestiges de l’apparat, aux formes extérieures de la puissance, devait rendre mortel l’affront que ses armes avaient reçu ; il le comprit bien, et on le vit périr de mélancolie et de chagrin plus encore que de sa dernière défaite sous les murs de Nancy.

Il avait été mortellement frappé le 5 janvier 1477 ; son corps, à demi engagé dans un étang glacé, ne fut reconnu que deux jours après à la longueur de ses ongles et à une cicatrice résultant d’une blessure qu’il avait reçue à la bataille de Montlhéry, en 1465. Avec lui finit le duché héréditaire de Bourgogne, dont les possesseurs avaient cinq duchés à hauts fleurons, quinze comtés d’ancienne érection et un nombre infini d’autres seigneuries, marchaient immédiatement après les rois, comme premiers ducs de la chrétienté, et recevaient des princes étrangers le titre de grands-ducs d’Occident.

Charles laissait pour unique héritière une fille, la princesse Marie. Louis XI s’en fit d’abord donner la tutelle ; puis, à force de séductions et de promesses, il obtint du parlement de Dijon la réunion du duché à la couronne de France. Une alliance du dauphin avec Marie aurait légitimé cette usurpation. Louis ne voulut pas y consentir ; c’est la faute la plus capitale qu’on puisse reprocher à sa politique ; d’ailleurs ce mariage eût été trop disproportionné, le jeune dauphin ayant à peine huit ans et Marie de Bourgogne étant dans sa vingt et unième année. L’archiduc Maximilien, étant devenu l’époux de la fille de Charles le Téméraire, revendiqua les droits de sa femme et- remit en question l’unité française, qu’il eût été si facile de constituer.

Mais ce qui échappa à la perspicacité des politiques, l’instinct public le comprit et la force des choses l’amena ; le lien qui venait de rattacher la Bourgogne à la France, quelque irrégulier qu’il fût, ne devait plus être rompu. Malgré les alternatives d’une longue lutte, malgré le péril qu’entretenait pour les frontières de la province le voisinage de la Comté demeurée en la possession de l’étranger, malgré l’espèce de consécration que donnait aux droits de Maximilien sa domination sur les Flandres, la Bourgogne demeura française, et ses destinées restent dès lors indissolublement unies à celles de la patrie commune. Le titre de duc de Bourgogne reste attaché à l’héritier direct de la couronne, et chaque jour, malgré la fidélité des souvenirs aux traditions de l’histoire provinciale, la similitude de langage, l’affinité des mœurs, la communauté des intérêts. rend plus complète la fusion des deux États.

La lutte de François Ier et de Charles-Quint, les guerres religieuses et les troubles de la Fronde sont les épisodes les plus marquants qui se rattachent à la période française des annales bourguignonne s. Les populations furent admirables de dévouement et d’héroïsme pendant la première de ces crises, luttant à la fois contre les Espagnols, l’Autriche et les Comtois, donnant par souscriptions volontaires des sommes considérables, outre celles votées par les états pour la rançon de l’illustre prisonnier de Pavie, et refusant d’accéder à la condition du traité de Madrid, qui cédait la Bourgogne à Charles-Quint, représentant à ce sujet qu’ayant par les droits de la couronne et par leur choix des maîtres nécessaires, il ne dépendait pas de la volonté du monarque de les céder ainsi. La noblesse ajouta que si le roi l’abandonnait, elfe prendrait le parti extrême de se défendre et de s’affranchir de toutes sortes de domination, et qu’elle répandrait pour ce dessein jusqu’à la dernière goutte de son sang.

La fierté de ces sentiments, puisés dans les glorieux souvenirs du passé, arrêta longtemps les progrès du protestantisme ; la Bourgogne voulait être la dernière à souffrir sur son sol une nouvelle religion, puisqu’elle avait été chrétienne avant tous les Français, qui ne l’étaient devenus que par le mariage de leur princesse Clotilde avec le fondateur de la monarchie française. Les fléaux que déchaîna le fanatisme sur tant d’autres provinces furent évités jusqu’à la déplorable organisation des ligues catholiques, et, grâce à l’intervention du digne président Jeannin, le plus grand nombre des villes de Bourgogne ne fut pas ensanglanté par les massacres de la Saint-Barthélemy. Cependant l’obstination de Mayenne prolongea jusqu’en 1595 les calamités de la guerre civile, à laquelle mit fin seulement la victoire remportée par Henri IV sur les Espagnols à Fontaine-Française. Le 6 juin de cette année, ce monarque fit son entrée à Dijon ; il assista à l’élection du maire, jura de respecter les privilèges de la ville, et se contenta de changer quelques magistrats municipaux et de faire fermer le collège des jésuites.

Les dernières épreuves que la Bourgogne eut à traverser furent, sous Louis XIII, une révolte des vignerons, qui se réunissaient au refrain, Lanturlu, d’une vieille chanson, ce qui fit désigner cette révolte, qui, d’ailleurs, fut bientôt apaisée, sous le nom de Révolte des Lanturlus. Puis vint l’invasion des Impériaux amenée par les révoltes de la noblesse contre Richelieu et le. siège mémorable de Saint-Jean-de-Losne, les agitations de la Fronde, auxquelles l’influence des Condé dans la province donna une certaine importance, mais auxquelles manqua, presque partout l’appui des populations.

Dans les époques plus récentes, la Bourgogne prit sa part de tous les événements heureux on funestes dont la France fut le théâtre. La Révolution de 1789 y fut accueillie comme’ une ère réparatrice, qui devait faire disparaître les tristes abus financiers des derniers règnes, et assurer à chacun les libertés que l’on réclamait depuis longtemps. Les gardes nationales s’y organisèrent avec une rapidité merveilleuse, et, oubliant les vieilles rivalités qui les divisaient sous l’ancien régime, elles s’unirent à celles de la Franche-Comté et demandèrent à marcher ensemble les. premières contre l’ennemi.

Le département de la Côte-d’Or fournit donc un large contingent aux phalanges républicaines qui, après avoir refoulé l’ennemi, promenèrent le drapeau national dans toutes les capitales de l’Europe ; et lorsque, moins heureux, les soldats de Napoléon jar expièrent par les désastres de 1814 et 1815 les triomphes passés, nulle part ils ne trouvèrent un plus vaillant appui et de plus patriotiques sympathies que dans les populations de la Bourgogne. Depuis que les luttes de l’industrie et des arts ont remplacé dans la vie des peuples modernes les vicissitudes des champs de bataille, la Côte-d’Or, grâce au génie de ses habitants et aux richesses de son sol, a su conquérir une importance et une prospérité qui lui permettent de ne rien regretter des gloires et des grandeurs de l’ancienne Bourgogne.

Pendant la néfaste guerre de 1870-71, le département de la Côte-d’Or eut d’autant plus à souffrir de l’invasion allemande que Dijon fut successivement pris pour centre d’opérations et par les Français et par les Allemands. À la nouvelle que le passage des Vosges avait été forcé par l’ennemi et que la ligne de défense de Vesoul à Lure venait d’être abandonnée par le général Cambriels qui s’était retiré à Besançon, la résistance s’organisa à Dijon sous la direction du docteur Lavalle, membre du conseil général, tandis que Garibaldi, autorisé par le gouvernement de la défense nationale, formait un corps d’armée composé de quatre brigades dont il confiait le commandement à Bossack, Marie, Menotti et Ricciotti. Le général de Werder, commandant du 4e corps allemand, marchait sur Dijon et, le 27 octobre 1870, repoussait, à Talmay, les troupes françaises commandées par Lavalle, qui ne se composaient guère que de quelques bataillons de mobiles et de gardes nationaux.

Pendant ce temps, Garibaldi se portait sur la droite du côté de Poutailler pour essayer de rejoindre les troupes du général Cambriels. L’ennemi, ayant passé la Saône à Gray, se porta sur Dijon ; les troupes qui s’opposaient à sa marche furent repoussées à la bifurcation des routes de Gray à Dijon et à Auxonne. À la suite d’un nouveau combat livré à Saint-Apollinaire le 30 octobre, les Allemands entrèrent à Dijon. Garibaldi qui avait en vain essayé d’accourir à la défense de la ville, ce qu’il ne put faire, parce que le pont de Pontailler avait été rompu, voulut du moins protéger les autres grandes villes de la Côte-d’Or ; il fit occuper Saint-Jean-de-Losne et Seurre et lui-même revint à Dôle. Le 2 novembre l’ennemi, maître de Dijon, marchait sur Beaune et Chagny. Les troupes de Garibaldi gardèrent les rives de l’Oignon et de la Saône ; le 5 novembre, elles repoussèrent l’ennemi près de Saint-Jean-de-Losne.

A la suite de cet échec, les Allemands revinrent à Dijon pour s’y reformer et firent de cette ville le centre de leurs opérations dans l’Est. Ils reprirent bientôt l’offensive et repoussèrent d’abord, le 30 novembre, les troupes de Garibaldi ; mais le 3 décembre, celui-ci, appuyé parle général Cremer, les battit complètement à Arnay-le-Duc et à Bligny-sur-Ouche, les rejetant presque sous les murs de Dijon. Cette double victoire, qui empêchait l’ennemi de dépasser Chagny, sauva le reste du département et peut-être même Lyon. Le général de Werder revint une fois encore à Dijon pour reposer ses troupes et les reformer ; mais les événements avaient marché Au nord-est ; il dut envoyer ses troupes sous les murs de Belfort qui se défendait avec acharnement, et il ne laissa à Dijon que le général Glumer avec deux bataillons et à Semur une brigade badoise. Ces troupes furent ellesmêmes bientôt rappelées et, le 6 janvier 1871, Garibaldi rentrait à Dijon, y organisait de nouveau la défense ; il était temps, car une armée de 70 000 AIlemands s’avançait pour empêcher Bourbaki de se porter à la défense de Belfort.

Trois corps de cette armée furent successivement attaqués et battus dans les journées des 21, 22 et 23 janvier, par le général Pélissier et Garibaldi, d’abord à Fontaine et à Talant, puis à Plombières, à Daix, à Hauteville et au Val-de-Suzon. D’habiles dispositions permettaient d’espérer des succès plus décisifs lorsque, le 29 janvier, on apprit la capitulation de Paris et la notification de l’armistice. Par une fatalité encore mal expliquée, les départements de la Côte-d’Or, du Doubs et du Jura n’étaient pas compris dans cet armistice ; l’armée de l’Est était refoulée vers la Suisse, la continuation de la lutte devenait impossible, il fallut se résigner à abandonner Dijon qui ne fut évacué par l’ennemi qu’après la signature des préliminaires de paix. Quant à Garibaldi, qui le 28 janvier était parvenu à réunir à Dijon près de 50 000 hommes et 90 canons, il avait agi si habilement et avec tant de promptitude qu’il put opérer sa retraite sans rien perdre de son matériel. L’invasion allemande avait coûté au département de la Côte-d’Or 14 464 427 fr.

 ( source : http://www.france-pittoresque.com/)

 

Hautes-Alpes ( 05 )

Le département des Hautes-Alpes (05) situé dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, compte 135 836 habitants en 2009.

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La région du département :

 

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Son blason et logo :

 

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Le département :

 

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L’ Histoire du département :

 

Le territoire du département des Hautes-Alpes dut, dans l’origine, être occupé par des émigrations successives des peuplades qui occupaient les contrées voisines, et qu’une surabondance de population et les chances contraires de la guerre chassaient de leur pays natal. Quoi qu’il en soit, avant la conquête romaine, on y comptait quatre peuplades : les Segusiani, dans le pays de Suse ; les Caturiges, au sommet des Alpes ; les Brigantini, dans le territoire appelé depuis le Briançonnais, et les Tricorii, au nord-est des Caturiges.

photo1Presque tous alliés ou dépendants des Voconces, ces peuples avaient chacun leur cité : les Segusiani, Segusio (Suse) ; les Caturiges, Caturigae (Chorges) ; les Brigantini, Brigantium (Briançon) ; les Tricorii, Vapincum (Gap) ; mais les plus puissants et les plus célèbres étaient les Caturiges, dont le nom signifie, suivant les uns, montagnards, selon d’autres, bons guerriers. Pline les fait descendre des Caturigenses, ancien peuple d’Italie qui habitait la partie du Milanais située au pied des Alpes Ayant été chassés de leur pays, ils se retirèrent dans la contrée connue aujourd’hui sous le nom de l’Embrunais et du Gapençais.

C’est par là qu’Annibal passa quand il se rendit en Italie. Après avoir traversé la Durance au-dessus, croit-on, de l’Ubaye, il gravit avec son armée la cime des Alpes. « Lorsque l’oeil put voir de près la hauteur des monts, dit Tite-Live, les neiges qui semblaient se confondre avec les cieux, les huttes grossières suspendues aux pointes des rochers, les chevaux, le bétail paralysés par le froid, les hommes sauvages et hideux, les êtres vivants et la nature inanimée presque engourdie par la glace, cette scène d’horreur, plus affreuse encore à contempler qu’à décrire, renouvela la terreur des Carthaginois. »

Annibal eut à combattre les Caturiges ; ce qui ne les empêcha point, dans la suite’ de le servir contre les Romains. Après avoir pris part aux guerres puniques, ils s’unirent aux Allobroges et suivirent leur fortune dans la guerre de l’indépendance ; mais, quand les Allobroges embrassèrent le parti de Sertorius, les montagnards des Alpes s’abstinrent, et douze de leurs cités furent déclarées villes municipes. Cependant ils s’opposèrent au passage de César lorsque ce conquérant traversa le mont Genèvre pour aller réduire les Helvètes.

Du temps d’Auguste, ces peuples obéissaient à un prince nommé Cottius, et Suse était leur capitale. Il y avait dans cette ville un arc de triomphe sur lequel on voyait inscrits les noms des quatorze peuples dont Cottius s’était fait un petit royaume. Il est le premier qui ait cherché à tracer un chemin régulier, la route du Mont-Genèvre, à travers les Alpes ; la postérité s’en est montrée reconnaissante en donnant à cette partie des Alpes le nom d’Alpes Cottiennes.

Ce prince fit alliance avec Auguste, qui lui laissa ses possessions ; mais, après sa mort et celle de son fils, elles passèrent à l’empire. Jusqu’au règne de Constantin, les villes municipes cottiennes jouirent de certaines franchises. Constantin les soumit au tribut comme le reste de la Gaule. Taxés et ruinés par l’avarice des préteurs, outre le capage ou droit de vivre et la scriptura ou droit de parquerage, les habitants payaient aux Romains la vingtième partie des legs et successions, le vingt-cinquième du prix des esclaves et le centième de toutes les marchandises vendues. Avec la liberté, ils perdirent le sentiment national. Vainement Vindex et Civilis les appelèrent aux armes pour la délivrance commune : leur voix fut sans écho dans ce pays.

Quand les barbares se ruèrent sur l’empire, c’est par là qu’ils se dirigèrent vers Rome. Sarmates, Alains, Huns, Gépides, Hérules, Saxons, Vandales y laissèrent tour à tour des traces de leur passage ; mais les Bourguignons et les Wisigoths s’y fixèrent. Puis vinrent les Francs et les Lombards. Battus par le patrice Mummol, ceux-ci se retirèrent, laissant les Francs seuls maîtres du pays.

Déjà saint Marcellin y avait prêché l’Évangile, mais son esprit ne demeura pas longtemps avec ses successeurs. Au VIe siècle, les évêques des Hautes-Alpes avaient pris les moeurs barbares ; deux, entre autres, Solonius et Sagittarius, son frère : le premier gouvernail l’Église d’Embrun, le second celle de Gap, tous deux chargés de crimes, maudits du peuple, exacteurs, tyrans, meurtriers et adultères. Un jour, ils attaquèrent à main armée Victor, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Au milieu d’une fête, ils envahirent sa maison et frappèrent ses serviteurs. Après le meurtre, le pillage. Déposés par un synode assemblé à Lyon, ils en appelèrent au pape, qui les rétablit.photo2

Alors, se croyant tout permis, ils s’abandonnèrent à toute la fureur de leurs passions. Il fallut les emprisonner ; mais la peur les fit relâcher. Il n’était pas prudent, croyait-on, de toucher aux oints du Seigneur. A peine sortis de prison, de pécheurs ils se métamorphosèrent en dévots. Repentants et contrits, on les voyait sans cesse jeûner et prier ; mais cela ne dura pas, et ils retournèrent, comme dit l’Apôtres à leurs vomissements. Ils pissaient la nuit dans les orgies. Pendant que les clercs chantaient matines dans l’église, ils faisaient des libations et sacrifiaient aux plaisirs.

Le jour les trouvait encore à boire. Alors, se couvrant de vêtements moelleux, ils s’endormaient, plongés dans l’ivresse, et ne se levaient que pour se remettre à table. Telle était la vie que menaient ces deux évêques. Déposés de nouveau par un concile de Chalon-sur-Saône, en 579, ils furent enfermés ; mais ils parvinrent à s’échapper. Solonius finit obscurément ses jours. Pour Sagittarius, comme il s’enfuyait, caché sous un froc de moine, il fut pris et mis à mort.

Au commencement du Xe siècle, les Sarrasins parurent dans les vallées des Alpes, pillant les abbayes et dévastant les églises. Nombre de chrétiens qui s’étaient réfugiés près d’Oulx y furent massacrés par les infidèles ; ce qui valut à ce lieu le nom de plebs martyrum, peuple de martyrs. Après un long séjour dans ce pays, les Sarrasins en furent chassés. Montmaur, le torrent du Sarrasin, la montagne de Puy-de-Maure, la tour de Moron, Villars-Mourin et plusieurs autres lieux du Champsaur, où ils étaient connus sous le nom de Barbarins, ont conservé des restes de leur passages. Tel est le souvenir qu’ils ont laissé, que les mères menacent du retour des Barbarins leurs enfants qui ne sont pas sages.

Au siècle suivant, nous voyons ce pays en proie à l’anarchie féodale. Comme dans le reste du Dauphiné, le second royaume de Bourgogne y laisse debout, en tombant, une foule de petits souverains ecclésiastiques ou laïques. Déjà riches des dépouilles des Sarrasins, ils se disputent à main armée l’héritage de Boson. Vainement l’empereur Conrad essaye de les ramener à l’obéissance ; il est obligé de légitimer leurs usurpations. Alors le pays des Hautes-Alpes se trouva divisé en trois petits États indépendants : le Briançonnais, l’Embrunais et le Gapençais, ayant chacun ses souverains et sa capitale.

photo3Situé dans les Alpes Cottiennes, le Briançonnais, après avoir fait longtemps partie du marquisat de Suse, obéissait aux comtes d’Albon. Il avait pour chef-lieu l’antique cité des Brigantini, Briançon. Au midi du Briançonnais, dans le pays des Caturiges, était l’Embrunais, qui, successivement possédé par les Romains, les Francs et les Bourguignons, reconnut pour maîtres, d’abord les comtes de Forcalquier, puis les archevêques d’Embrun, à qui l’empereur Conrad le céda en 1020 ; sa ville principale était Embrun, A l’occident de l’Embrunais s’étendait le pays de Gap, soumis tour à tour aux comtes de Provence, aux comtes de Toulouse et aux comtes de Forcalquier.

Dans la suite, ces divers pays pissèrent aux dauphins de Viennois. Cependant, libres du joug de la conquête et rendus à leur première énergie, Ies montagnards des Alpes avaient jusque-là vécu dans une sorte d’indépendance. lis conservèrent, sous les dauphins, leurs lois et leurs libertés particulières ; ils ne reconnaissaient l’autorité de leurs princes qu’à la condition qu’ils seraient maintenus dans leurs anciens droits et privilèges, sans qu’il y fût rien changé. Humbert II leur conféra la qualité de francs (libres) et les exempta des contributions et des servitudes féodales. Il octroya, en outre, aux communes du Briançonnais, le droit de s’assembler pour leurs affaires générales et particulières.

Dans ces conseils, on s’occupait de la répartition des impôts ; on y traitait de la paix et de la guerre, et l’on y veillait aux subsistances. A la réquisition du bailli, tous les habitants devaient prendre les armes pour le dauphin. Hors du pays, ils n’étaient tenus que de 500 hommes, moitié armés d’ares et de flèches, moitié de lances avec pennons ; tous équipés de pourpoints, d’épées, etc. Le prince payait la solde, qui était d’un gros tournois par jour. Les villes de Gap et d’Embrun devaient chacune 100 fantassins ; Chorges levait 50 cavaliers ; Savines n’était obligée qu’à 5 hommes d’armes, 3 chevaux et 2 roussins. Tel était, en temps de guerre, le contingent de la plupart des communes des Hautes-Alpes au Moyen Age.

Sous le règne paternel de Humbert II, le Briançonnais jouit d’une paix profonde. Ce prince fonda en 1340, sur le mont Genèvre, dans la combe de Malaval, des maisons hospitalières, et des greniers d’abondance dans plusieurs communes. Chaque vallée avait des archives centrales ; les comptes annuels des deniers communaux s’affichaient à la porte de l’église et se discutaient par les habitants au sortir de la messe. Il y avait des lois sévères contre l’usure. Heureux pays, si les guerres de religion n’étaient pas venues l’agiter et le diviser.

Née dans ses montagnes, la secte des Vaudois y avait fait de grands progrès. Ils menaient la vie des pasteurs, cultivant les champs et élevant des troupeaux. Leurs docteurs s’appelaient barbes, nom qui, dans la langue du pays, signifie oncles. Simples, sobres et chastes comme les prêtres de l’ancienne Église, ces barbes visitaient les chaumières, prêchant la paix et la charité. « Dio t’absolve et te pardonne, disaient-ils à leurs pénitents, comme il pardonna à Maria-Madalina ! » Chaque jour, malgré les menaces de l’archevêque, le nombre des hérétiques croissait et leur doctrine se propageait.

Alors l’inquisition avisa : elle chargea Borelli de leur faire leur procès. Celui-ci, secondé par le vice-bailli du Briançonnais, ne remplit que trop bien son office. Nombre de Vaudois furent pris. Ceux qui se convertirent devaient porter deux croix de drap jaune, l’une sur la poitrine et l’autre entre les épaules. Pour les hérétiques obstinés, c’était l’affaire du bourreau. Dans la seule année 1397, il en périt deux cent trente sur les bûchers. Sous prétexte d’hérésie, la persécution frappa même des catholiques. Souvent on condamnait au feu sans formalité de justice. Des moines mendiants, se disant inquisiteurs de la foi, vexaient, torturaient et pillaient les habitants qui leur paraissaient suspects. C’était un véritable brigandage, et l’on s’en plaignit au roi Louis XI, qui, tout dévot qu’il était, y mit bon ordre par lettres patentes du 18 mai 1478. « De la part des manants et habitants de la Valloyse, Fraissinières, Argentière et autres lieux, tous tels qu’ils se tiennent et comportent, nous a été exposé qu’aucuns religieux mendiants, sous ombre d’office d’inquisiteurs de la foy, les aucuns ont mis en gehenne et question sans information précédente, ont pris et exigé fortes sommes et deniers, et par divers moyens les ont injustement vexés et surveillés à leur grand préjudice et dommage… Pourquoy avons, après bonne délibération, de notre certaine science, gré spécial, pleine puissance, et de notre autorité delphinale et royale, mis et mettons à néant, par ces présentes, toutes poursuites et entreprises quelconques. »

Cependant l’inquisition passa outre, et les Vaudois ne cessèrent pas d’être persécutés. Ceux de la Vallouise se retirèrent, en 1485, à l’Aile-Froide, caverne située sur les flancs du Pelvoux. Ils étaient pourvus d’armes et de vivres pour deux ans. On prêcha la croisade ; les catholiques s’armèrent, et, bénis par le nonce, ils marchèrent, après la messe, à l’attaque des Vaudois. Le comte de Véras les commandait. Ils avaient, en outre, comme auxiliaires, une compagnie de cinquante à soixante soldats. Aux sommations qui leur furent faites, les Vaudois répondirent en faisant rouler sur les assaillants des quartiers de roc qui en blessèrent plusieurs. Après huit jours de siège, des Vallouisiens étant parvenus, à l’aide d’un long câble, à escalader la montagne qui domine la caverne, y pénétrèrent sur le derrière de la Baume et y mirent le feu, afin d’étouffer les proscrits par la fumée.

Ceux qui voulurent s’échapper furent massacrés ou se précipitèrent du haut des rochers, pour ne pas tomber vivants entre les mains de leurs ennemis. Vieillards, femmes, enfants, rien ne fut épargné. Il en périt, dit-on, plus de trois mille ! D’où le, nom de Baume des Vaudois resté à ces lieux funestes. Ainsi frappée et dépeuplée, la Vallouise ne fut plus qu’un désert. Proscrits, dépouillés de leurs biens, les malheureux Vaudois étaient condamnés à errer, comme si Dieu leur eût mis sur le front le signe maudit !photo4

Cependant, en 1498, ils se rendirent à Paris, au sacre de Louis XII, pour solliciter de ce prince la rentrée en possession de leurs biens. Le roi entendit leurs plaintes et compatit à leurs maux : « ils sont meilleurs chrétiens que nous » disait-il ; et il chargea Burelli, son confesseur, de prononcer sur l’interdit, qui fut levé solennellement, en 1500. Bien que tardif, cet acte de justice rendit la vie à ce canton, « auquel, dit un historien des Hautes-Alpes, la reconnaissance publique confirma le nom de Vallouise, qu’il avait reçu de Louis XI, et qu’il porte encore. »

Aux Vaudois succédèrent les calvinistes. C’est de la vallée de Champsaur que partit le signal du mouvement protestant dans les Hautes-Alpes Jusque là paisible, la bourgeoisie y prit parti pour les idées nouvelles. Après avoir donné le jour à Lesdiguières, Saint-Bonnet devint la Genève de cette partie du Dauphiné. D’autres communes, telles que Bénévent, Lamotte, Saint-Laurent, Lafare, Saint-Julien, suivirent son exemple. Bientôt la guerre éclata partout avec fureur. Ce n’étaient que villes prises et reprises, bourgs réduits en cendres, églises pillées et saccagées, prêtres fugitifs et demandant l’aumône. À l’entrée de la Vallouise, les catholiques, en 1587, avaient élevé une muraille flanquée de tours. Cette muraille arrêta Lesdiguières pendant deux ans. A la fin, maître du pays, Lesdiguières s’y fortifia et le gouverna sous le nom de roi des montagnes.

Après tant de vicissitudes, ces vallées semblaient renaître à la vie, quand la révocation de l’édit de Nantes vint leur porter un nouveau coup. Plusieurs communes, réduites au tiers de leur population, y virent périr leur industrie. Sur la fin du règne de Louis XIV, quand l’étranger envahit de toutes parts notre territoire, les Hautes-Alpes furent occupées par le duc de Savoie. Après avoir brûlé Gap, Chorges et plusieurs places fortes, l’ennemi allait dévastant et rançonnant les villages ravageant tes campagnes et enlevant les troupeaux. Catinat le força à la retraite. On montre encore dans le Champsaur la fontaine où, sans descendre de cheval, ce grand capitaine se fit donner à boire dans l’aile de son chapeau.

Comme le reste du Dauphiné, celle contrée paya son tribut aux fléaux qui ravagèrent la France au Moyen Age. Vers 516, la vallée du Champsaur fut dépeuplée par ce qu’on appelait le mal noir. On dit qu’à Villars-Mouren une femme y survécut seule aux habitants. On n’y voyait que maisons désertes ou abandonnées. Au XIXe siècle encore, les ruines de ces habitations pestiférées, couvertes de broussailles, attestent, après tant de siècles, l’effroi qui s’attache à ce souvenir. Dans le Champsaur, on dit d’un homme qui en liait un autre à la mort : li voua lou maou nier (il lui souhaite le mal noir).

Plus tard vint la famine avec tous les maux qui l’accompagnent : les habitants étaient réduit pain avec les fruits du cynorhodon mêlés avec la farine des semences acres de la renoncule et de la caucalide, qui avaient pris, dans les champs, la place des moissons. Après le mal noir et la famine, la peste. De 1531 à 1720, ce dernier fléau visita trois fois les vallées des Hautes-Alpes. On se cachait dans les cavernes. Beaucoup mouraient au bord des fontaines, pris d’une soif inextinguible. Une source de la commune de La Fare en a gardé le nom de fontaine de la peste.

Ainsi que la Drôme et l’Isère, le département des Hautes-Alpes prit une part active à la Révolution. Pendant que ses bataillons de volontaires se signalaient dans les guerres de la République, il sauva la vie à plus d’un proscrit qui vint chercher un asile dans ses montagnes. Napoléon, revenant de l’île d’Elbe, traversa ce département. C’est là, disait-il, qu’il avait reconnu le sol français. Il s’avançait, monté sur un petit cheval blanc, vêtu de la redingote grise et portant le petit chapeau. Les paysans allumaient des feux de joie sur son passage. Au bataillon de l’île d’Elbe s’était jointe une caravane grotesquement équipée Napoléon ne pouvait s’empêcher d’en rire. Les officiers supérieurs cheminaient lentement, hissés, comme le chevalier de la Manche, sur de tristes rosses ou sur des mulets rétifs enlevés aux travaux des champs. « La caravane, dit un témoin oculaire, allait pêle-mêle avec une gaieté folle. Quelques lanciers polonais, talonnant leurs chétives montures, ouvraient et fermaient la marche, suivis à peu de distance par les grenadiers dont les moustaches grisonnantes et le teint noire ! justifiaient l’épithète de vieux grognards. Les habitants les arrêtaient à chaque pas et leur offraient des rafraîchissements. »

Après Waterloo, l’autorité supérieure crut devoir, pour éviter des malheurs, faire ouvrir aux alliés les portes de Briançon, du Mont-Dauphin et du château Queyras ; mais ces places restèrent fermées par le patriotisme des habitants.

Dans les longs et rigoureux hivers, un grand nombre de communes du département des Hautes-Alpes sont privées, par l’accumulation des neiges, de toute communication entres elles : les passages, les sentiers, les grands chemins eux-mêmes sont obstrués et deviennent impraticables. On a dû établir, dans les principaux cols, pour porter quelque remède à ce fâcheux état, des refuges destinés à servir d’abri momentané aux voyageurs en détresse. Ces refuges, au nombre de six, comprennent tous une salle commune, une chambre à coucher et le logement du gardien et de sa famille.

« Ils s’élèvent, dit le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle (Supplément), sur le col d’Isoard, route de Briançon au Queyras ; sur le col Lacroix, route de Ristolas à Boby (Italie) ; sur le col du Noyer, route de Saint-Bonnet à Saiiit-Étienne-en-Dévoluy ; sur le col de Manse, route de Gap à Orcières ; sur le col de Vars, route de Guillestre à Saint-Paul ; sur le col d’Agnel, route de Molines à La Chanel (Italie). Ils ont été construits au moyen des 500 000 francs pour lesquels le département des Hautes-Alpes était inscrit dans le testament de Napoléon Ier. »

Les habitants des Hautes-Alpes sont au XIXe siècle, actifs et laborieux, durs à la fatigue, intelligents, de mœurs austères et probes ; leur vie sévère les dispose à la charité ou plutôt ils comprennent d’instinct la solidarité, car les plus pauvres mêmes ont horreur de la mendicité.

Les fêtes patronales sont nommées vogues dans les Hautes-Alpes. C’est dans les communes de la vallée du Champsaur que ces vogues ont conservé la physionomie la Plus originale. On plante un mai dans le champ destiné à la danse ; on élit un directeur de la fête, qui, sous le titre d’abbé, est le régulateur des plaisirs et le maître des cérémonies. Une canne, des rubans et de la poudre sur les cheveux, tels sont les insignes de sa dignité. Le jour de la fête, et de grand matin, l’abbé, accompagné de quelques amis et du ménétrier, se rend dans chaque maison où il y a des filles à marier ; avec la permission des parents, il les invite à venir à la danse ; chacune d’elles accepte en attachant un ruban à la canne qu’il porte. Après avoir fini sa tournée, il se rend au lieu du bal, où de joyeuses acclamations saluent son arrivée. C’est lui qui fait commencer la musique, règle les places, désigne les danseurs. Il a un pouvoir dictatorial ; toute la jeunesse de sa commune est prête, lorsqu’il lève sa canne, à se précipiter contre les étrangers téméraires qui refuseraient d’exécuter ses volontés. Ces querelles étaient autrefois malheureusement assez fréquentes, et souvent le lieu du bal se changeait en une arène sanglante ; mais des habitudes plus pacifiques se sont introduites ensuite.

Parmi les danses usitées dans le pays, il en est une qui rappelle les danses provençales, de même que l’abbé de la vogue semble être un pâle reflet de l’abbé de la jeunesse à Aix. C’est une espèce de pyrrhique qui s’est conservée au Pont-de-Cervières, hameau dépendant de Briançon. Les danseurs, au nombre de neuf, onze ou treize, sont armés d’épées courtes et sans pointe, comme celles des Allobroges. Ils décrivent en dansant douze figures avec une gravité et une lenteur bien différentes des mouvements précipités de la pyrrhique grecque.

( source : http://www.france-pittoresque.com/)

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Liste des Communes

des Hautes-Alpes :

 

Le département des Hautes-Alpes compte 177 communes repartis en population de la manière suivante ( si la commune à un site web, cliquer sur le panneau de celle-ci ):

  • Abriès : 372 Habitants, code postal : 05460
  • Agnières-en-Dévoluy : 266 Habitants, code postal : 05250
  • Aiguilles : 419 Habitants, code postal :  05470
  • Ancelle : 854 Habitants, code postal :  05260
  • Antonaves : 179 Habitants, code postal :  05300
  • L’ Argentière-la-Bessée : 2 330 Habitants, code postal :  05120
  • Arvieux : 360 Habitants, code postal :  05350
  • Aspremont : 306 Habitants, code postal :  05140
  • Aspres-lès-Corps : 135 Habitants, code postal :  05800
  • Aspres-sur-Buëch : 778 Habitants, code postal :  05140
  • Avançon : 352 Habitants, code postal :  05230
  • Baratier : 511 Habitants, code postal :  05200
  • Barcillonnette : 126 Habitants, code postal :  05110
  • Barret-sur-Méouge : 214 Habitants, code postal :  05300
  • La Bâtie-Montsaléon : 200 Habitants, code postal :  05700
  • La Bâtie-Neuve : 2 116 Habitants, code postal :  05230
  • La Bâtie-Vieille : 247 Habitants, code postal :  05000
  • La Beaume : 161 Habitants, code postal :  05140
  • Bénévent-et-Charbillac : 274 Habitants, code postal :  05500
  • Le Bersac : 153 Habitants, code postal :  05700
  • Bréziers : 143 Habitants, code postal :  05190
  • Briançon : 12 054 Habitants, code postal :  05100
  • Bruis : 65 Habitants, code postal :  05150
  • Bruissard : 179 Habitants, code postal :  05500
  • Ceillac : 304 Habitants, code postal :  05600
  • Cervières : 156 Habitants, code postal :  05100
  • Chabestan : 131 Habitants, code postal :   05400
  • Chabottes : 753 Habitants, code postal :  05260
  • Champcella : 170 Habitants, code postal :   05310
  • Champoléon : 125 Habitants, code postal :   05260
  • Chanousse : 48 Habitants, code postal :   05700
  • La Chapelle-en-Valgaudémar : 120 Habitants, code postal :   05800
  • Châteauneuf-de-Chabre : 305 Habitants, code postal :  05300
  • Châteauneuf-d’Oze : 29 Habitants, code postal :  05400
  • Châteauroux-les-Alpes : 1 110 Habitants, code postal :  05380
  • Châteauvieux : 438 Habitants, code postal :  05000
  • Château-Ville-Vieille : 328 Habitants, code postal :  05350
  • Chauffayer : 385 Habitants, code postal :  05800
  • Chorges : 2 485 Habitants, code postal :  05230
  • La Cluse : 53 Habitants, code postal :  05250
  • Les Costes : 147 Habitants, code postal :  05500
  • Crévoux : 129 Habitants, code postal :  05200
  • Crots : 928 Habitants, code postal :  05200
  • Embrun : 6 267 Habitants, code postal :  05200
  • Eourres : 143 Habitants, code postal :  05300
  • L’Epine : 180 Habitants, code postal :  05700
  • Esparron : 36 Habitants, code postal :  05110
  • Espinasses : 660 Habitants, code postal :  05190
  • Etoile-Sain-Cyrice : 35 Habitants, code postal :  05700
  • Eygliers : 749 Habitants, code postal :  05600
  • Eyguians : 243 Habitants, code postal :  05300
  • La Fare-en-Champsaur : 418 Habitants, code postal :  05500
  • La Faurie : 322 Habitants, code postal :  05140
  • Forest-Saint-Julien : 276 Habitants, code postal :  05260
  • Fouillouse : 188 Habitants, code postal :  05130
  • Freissinières : 193 Habitants, code postal :   05310
  • La Freissinouse : 499 Habitants, code postal :  05000
  • Furmeyer : 146 Habitants, code postal :  05400
  • Gap : 41 170 Habitants, code postal :  05000
  • Le Glaizil : 170 Habitants, code postal :  05800
  • La Grave : 497 Habitants, code postal :  05320
  • Guillestre : 2 290 Habitants, code postal :  05600
  • La Haute-Beaume : 10 Habitants, code postal :  05140
  • Les Infournas : 26 Habitants, code postal :  05500
  • Jarjayes : 418  Habitants, code postal :  05130
  • Lagrand : 280  Habitants, code postal :  05300
  • Laragne-Montéglin : 3 532  Habitants, code postal :  05300
  • Lardier-et-Valença : 269  Habitants, code postal :  05110
  • Laye : 231  Habitants, code postal :  05500
  • Lazer : 329  Habitants, code postal :  05300
  • Lettret : 178  Habitants, code postal :  05130
  • Manteyer : 414   Habitants, code postal :  05400
  • Méreuil : 85   Habitants, code postal :  05700
  • Molines-en-Queyras : 334  Habitants, code postal :  05350
  • Monêtier-Allemont : 321  Habitants, code postal :  05110
  • Le Monêtier-les-Bains : 1 062  Habitants, code postal :  05220
  • Montbrand : 50   Habitants, code postal :  05140
  • Montclus : 50  Habitants, code postal :  05700
  • Mont-Dauphin : 142  Habitants, code postal :  05600
  • Montgardin : 436  Habitants, code postal :  05230
  • Montgenèvre : 486  Habitants, code postal :  05100
  • Montjay : 100   Habitants, code postal :  05150
  • Montmaur : 510  Habitants, code postal :  05400
  • Montmorin : 89  Habitants, code postal :  05150
  • Montrond : 51  Habitants, code postal :  05700
  • La Motte-en-Champsaur : 194  Habitants, code postal :  05500
  • Moydans : 50  Habitants, code postal :  05150
  • Neffes : 726  Habitants, code postal :  05000
  • Névache : 334  Habitants, code postal :  05100
  • Nossage-et-Bénévent : 13  Habitants, code postal :  05700
  • Le Noyer : 257  Habitants, code postal :  05500
  • Orcières : 700  Habitants, code postal :  05170
  • Orpierre : 324  Habitants, code postal :  05700
  • Les Orres : 516  Habitants, code postal :  05200
  • Oze : 93  Habitants, code postal :  05400
  • Pelleautier : 557  Habitants, code postal :  05000
  • Pelvoux : 449  Habitants, code postal :  05340
  • La Piarre : 96   Habitants, code postal :  05700
  • Le Poët : 734  Habitants, code postal :  05300
  • Poligny : 305  Habitants, code postal :  05500
  • Prunières : 289  Habitants, code postal :  05230
  • Puy-Saint-André : 471  Habitants, code postal :  05100
  • Puy-Saint-Eusèbe : 123  Habitants, code postal :  05200
  • Puy-Saint-Pierre : 500   Habitants, code postal :  05100
  • Puy-Saint-Vincent : 314  Habitants, code postal :  05290
  • Puy-Sanières : 220  Habitants, code postal :  05200
  • Rabou : 77  Habitants, code postal :  05400
  • Rambaud : 361  Habitants, code postal :  05000
  • Réallon : 237   Habitants, code postal :  05160
  • Remollon City : 425  Habitants, code postal :  05190
  • Réotier : 193  Habitants, code postal :  05600
  • Ribeyret : 105  Habitants, code postal :  05150
  • Ribiers : 777  Habitants, code postal :  05300
  • Risoul : 649   Habitants, code postal :  05600
  • Ristolas : 96  Habitants, code postal :  05460
  • Rochebrune : 148   Habitants, code postal :  05190
  • La Roche-de-Rame : 823  Habitants, code postal :  05310
  • La Roche-des-Arnauds : 1 347   Habitants, code postal :  05400
  • La Rochette : 380  Habitants, code postal :  05000
  • Rosans : 528  Habitants, code postal :  05150
  • Rousset : 172  Habitants, code postal :  05190
  • Saint-André-d’Embrun : 637  Habitants, code postal :  05200
  • Saint-André-de-Rosans : 150   Habitants, code postal :  05150
  • Saint-Apollinaire : 113  Habitants, code postal :  05160
  • Saint-Auban-d’Oze : 68  Habitants, code postal :  05400
  • Saint-Bonnet-en-Champsaur : 1 683  Habitants, code postal :  05500
  • Saint-Chaffrey : 1 662  Habitants, code postal :  05330
  • Saint-Clément-sur-Durance : 276   Habitants, code postal :  05600
  • Sainte-Colombe : 53   Habitants, code postal :  05700
  • Saint-Crépin : 608  Habitants, code postal :  05600
  • Saint-Disdier : 133   Habitants, code postal :  05250
  • Saint-Etienne-en-Dévoluy : 587  Habitants, code postal :  05250
  • Saint-Etienne-le-Laus : 285  Habitants, code postal :  05130
  • Saint-Eusèbe-en-Champsaur : 138  Habitants, code postal :  05500
  • Saint-Firmin : 438  Habitants, code postal :  05800
  • Saint-Genis : 55   Habitants, code postal :  05300
  • Saint-Jacques-en-Valgodemard : 163  Habitants, code postal :  05800
  • Saint-Jean-Saint-Nicolas : 909  Habitants, code postal :  05260
  • Saint-Julien-en-Beauchêne : 122  Habitants, code postal :  05140
  • Saint-Julien-en-Champsaur : 296  Habitants, code postal :  05500
  • Saint-Laurent-du-Cros : 501  Habitants, code postal :  05500
  • Saint-Léger-les-Mélèzes : 316  Habitants, code postal :  05260
  • Sainte-Marie : 42  Habitants, code postal :  05150
  • Saint-Martin-de-Queyrières : 1 094  Habitants, code postal :  05120
  • Saint-Maurice-en-Valgodemard : 135  Habitants, code postal :  05800
  • Saint-Michel-de-Chaillol : 328  Habitants, code postal :  05260
  • Saint-Pierre-d’Argençon : 160  Habitants, code postal :  05140
  • Saint-Pierre-Avez : 24  Habitants, code postal :  05300
  • Saint-Sauveur : 431  Habitants, code postal :  05200
  • Saint-Véran : 282  Habitants, code postal :  05350
  • Le Saix : 81  Habitants, code postal :  05400
  • Saléon : 75  Habitants, code postal :  05300
  • Salérans : 77  Habitants, code postal :  05300
  • La Salle-les-Alpes : 891  Habitants, code postal :  05240
  • La Saulce : 1 190  Habitants, code postal :  05110
  • Le Sauze-du-Lac : 121  Habitants, code postal :  05160
  • Savines-le-Lac : 1 110  Habitants, code postal :  05160
  • Savournon : 244  Habitants, code postal :  05700
  • Serres : 1 322  Habitants, code postal :  05700
  • Sigottier : 67  Habitants, code postal :  05700
  • Sigoyer : 653  Habitants, code postal :  05130
  • Sorbiers : 38  Habitants, code postal :  05150
  • Tallard : 1 909  Habitants, code postal :  05130
  • Théus : 189  Habitants, code postal :  05190
  • Trescléoux : 314  Habitants, code postal :  05700
  • Upaix : 412  Habitants, code postal :  05300
  • Val-des-Prés : 502  Habitants, code postal :  05100
  • Vallouise : 735  Habitants, code postal :  05290
  • Valserres : 217  Habitants, code postal :  05130
  • Vars : 606  Habitants, code postal :  05560
  • Ventavon : 517  Habitants, code postal :  05300
  • Veynes : 3 168  Habitants, code postal :  05400
  • Les Vigneaux : 464  Habitants, code postal :  05120
  • Villar-d’Arêne : 284  Habitants, code postal :  05480
  • Villar-Loubière : 49  Habitants, code postal :  05800
  • Villar-Saint-Pancrace : 1 452  Habitants, code postal :  05100
  • Vitrolles : 206  Habitants, code postal :  05110
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